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Claude Code|18 juin 2026|9 min de lecture

Comment l'équipe d'Anthropic elle-même utilise Claude Code (et ce que j'ai copié)

Les gens qui ont construit Claude Code ne battent personne au prompt. Ils corrigent le système plutôt que l'instance, rendent la vérification native aux agents, et font tourner des flottes d'agents en mode auto. Voici ce qui se transpose vraiment à votre façon de construire.

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Guillaume Rufenacht

Product Manager IA · Lisbonne

Un an après le lancement de Claude Code, la façon dont les gens qui l’ont construit s’en servent vraiment n’a rien à voir avec “tape un prompt, regarde-le écrire du code”. Les ingénieurs d’Anthropic font tourner des flottes d’agents en même temps, corrigent le système plutôt que l’instance, et font de la vérification quelque chose qu’un agent peut mener seul. Le plus intéressant n’est pas l’outil, ce sont les habitudes de travail, et la plupart se transposent directement à la manière dont nous devrions tous construire.

Je construis avec Claude Code tous les jours, le système d’outbound dont j’ai parlé et les pipelines d’agents derrière Geonimo vivent tous les deux dedans. Alors quand l’équipe d’Anthropic a partagé sa façon de travailler, j’ai été attentif à ce qui collait à ma propre expérience et à ce que je faisais encore mal. Voici les habitudes qui valent la peine d’être volées.

Key takeaways

  • Quand l'agent fait une erreur, corrige le système (une règle dans CLAUDE.md ou une compétence), pas la réponse unique. C'est ce qui lui permet de tourner sans surveillance.
  • Arrête de tout sur-spécifier. Laisse Claude t'interviewer ; tes vrais besoins sont latents et il est doué pour les extraire.
  • La vérification est le vrai déblocage, et ce ne sont pas tes tests unitaires. C'est de savoir si l'agent peut lancer et contrôler son propre travail.
  • La confiance gagnée par de bons réglages par défaut (auto-acceptation, permissions vérifiées par un classifieur) est ce qui te permet de lancer plusieurs agents à la fois et de t'éloigner.
  • Le minimalisme de contexte bat le micromanagement : prompt minimal, outils minimaux, et on laisse le modèle trouver le chemin.

Arrête de corriger l’agent. Corrige le système.

L’habitude de loin la plus importante : quand Claude fait quelque chose de travers, ne te contente pas de lui dire de faire autrement cette fois-ci. Inscris la correction dans un endroit durable, une règle dans CLAUDE.md, ou une compétence réutilisable, pour qu’il ne refasse plus jamais cette erreur. Corrige l’instance et tu te répètes à l’infini ; corrige le système et l’agent se bonifie. C’est la différence entre un chatbot et un collègue.

Ça a fait tilt pour moi parce que c’est exactement ce qui a rendu mon système d’outbound efficace. Les “directives” sur lesquelles je m’appuie là-bas reposent sur la même idée : encoder le jugement une fois, puis laisser l’agent l’exécuter de façon constante. L’artefact que tu construis vraiment, ce n’est pas la sortie, c’est l’ensemble d’instructions qui produit une bonne sortie tout seul.

Laisse Claude t’interviewer

Le pire prompt, c’est “améliore-le”. Le deuxième pire, c’est celui où tu essaies de spécifier chaque détail d’emblée. À mesure que les modèles gagnent en capacité, le bon réflexe est de résister à l’envie de trop les contraindre. Tes vrais besoins sont latents : tu sais ce que tu veux quand tu le vois, mais tu es mauvais pour l’articuler à froid, exactement comme tes utilisateurs. Un modèle capable est souvent meilleur pour t’extraire ces besoins que toi pour les coucher par écrit.

Alors demande un entretien dans ton prompt. Nomme les sujets qui te tiennent à cœur, le public, les contraintes, puis demande à Claude de te questionner avant de construire. Tu obtiendras une spec qui reflète ce que tu voulais vraiment dire, pas ce que tu as réussi à taper à 9h. Pour tout ce qui est visuel, examine le résultat sous forme de page rendue et de capture d’écran plutôt qu’un mur de texte ; il est bien plus facile de réagir à quelque chose de concret que de l’imaginer à partir d’une spécification.

La vérification est le vrai déblocage (et ce ne sont pas tes tests unitaires)

Demande à une entreprise ce qu’est la vérification des agents et elle pense aussitôt aux tests unitaires, au linting, aux vérifications de types. Tout ça était déjà automatisé. La vérification qui compte pour les agents est différente : l’agent peut-il lancer la chose et confirmer qu’elle fonctionne vraiment ? C’est rarement aussi simple qu’une suite de tests, et c’est la capacité qui sépare un agent qu’il faut materner d’un agent qui peut tourner seul.

Le geste concret, c’est de rendre la vérification native à l’artefact plutôt que de la greffer dessus. L’équipe d’Anthropic construit ses applications pour que l’état d’exécution soit lisible par un agent (exposé dans le DOM, avec des fixtures, des états connus et des invariants que l’agent peut sonder), puis laisse Claude lancer les contrôles, sortir du chemin nominal, et même consigner le résultat comme preuve à partager. La leçon se généralise bien au-delà du code front-end : si tu veux qu’un agent travaille sans surveillance, donne-lui un moyen de se prouver à lui-même que le travail est correct. C’est ça, plus que la qualité brute du modèle, qui rend les agents au long cours sûrs à qui faire confiance.

Le schéma

Corriger-le-système et la vérification native aux agents sont la même intuition vue de deux côtés : place ton effort sur l’échafaudage durable (règles, compétences, contrôles) au lieu de la sortie ponctuelle. Fais ça et l’agent s’améliore à chaque exécution, au lieu d’avoir besoin de toi à chaque fois.

Fais assez confiance à l’agent pour t’éloigner

Tu ne peux pas faire tourner plus d’un agent à la fois si tu lis chaque demande de permission. Le changement qui a débloqué les flottes, c’est le passage de “approuver chaque appel d’outil” à l’auto-acceptation, avec un modèle qui contrôle la sûreté de chaque action. De façon contre-intuitive, c’est plus sûr que l’approbation manuelle : quand tu approuves 99 % des demandes, ton regard se brouille et tu valides machinalement le 1 % dangereux. Router le contrôle vers un classifieur fait qu’on ne te sollicite que pour les appels réellement suspects.

Cette confiance gagnée change l’unité de travail. Au lieu d’un agent que tu supervises, tu en lances plusieurs, tu passes à autre chose, et tu reviens vérifier, exactement comme je fais tourner plusieurs agents sur les pipelines de Geonimo. Le goulot d’étranglement n’est plus la vitesse à laquelle tu tapes, mais la qualité de tes idées et de ta vérification.

Sois minimaliste avec le contexte

Il y a eu une saison pour le prompt engineering et une saison pour le context engineering, chacune correspondant à l’état des modèles à l’époque. Avec les modèles de frontière actuels, le conseil s’est inversé : donne le system prompt viable minimal et l’ensemble minimal d’outils, et laisse le modèle trouver le reste. Surcharger le contexte est une forme de micromanagement, ça écarte le modèle de meilleurs chemins qu’il aurait trouvés tout seul. Dis-lui seulement ce dont il a vraiment besoin, et laisse de la place à son jugement.

Ce que ça veut dire pour ta façon de construire

Mets tout ça bout à bout et le métier change de forme. Tu n’es plus la personne qui tape le code ; tu es celle qui cadre le problème, encode les règles, conçoit la vérification, et décide de ce qui vaut la peine d’être construit. Chez Anthropic, les rôles ont visiblement fusionné, designers, PM, et même les équipes finance et data science travaillent dans Claude Code, et les ingénieurs livrent des produits de bout en bout. Les équipes qui en tirent le plus traitent l’agent comme le centre du processus, pas comme un outil greffé sur le côté.

C’est le même pari que je fais dans mon propre travail : le levier, c’est d’être la personne qui a le goût produit et la propriété de bout en bout, capable de transformer une idée en système qui tourne. L’outil est remarquable, mais il récompense l’opérateur qui y apporte du jugement. Vois ce que j’ai construit de cette façon, ou la stack avec laquelle je construis.

À retenir

Les gens qui ont construit Claude Code ne battent pas tout le monde au prompt. Ils corrigent les systèmes plutôt que les instances, rendent la vérification native aux agents, font confiance à de bons réglages par défaut pour lancer plusieurs agents à la fois, et gardent le contexte léger. Adopte ces quatre habitudes et tu arrêtes de superviser un outil pour commencer à diriger une équipe.

J’utilise ces habitudes pour livrer de vrais produits avec Claude Code, des systèmes d’outbound aux pipelines LLM derrière Geonimo. Si tu veux de l’aide pour construire de cette façon, prenons contact.

Questions fréquentes

Quelle est l'habitude la plus importante pour travailler avec Claude Code ?

Corriger le système, pas l'instance. Quand l'agent fait une erreur, inscris la correction dans une règle durable (une entrée dans CLAUDE.md) ou une compétence réutilisable au lieu de simplement reformuler ton prompt, pour qu'il ne répète jamais l'erreur et puisse tourner sans surveillance.

Que veut vraiment dire 'vérification' pour les agents IA ?

Ni les tests unitaires ni le linting, qui étaient déjà automatisés. C'est de savoir si l'agent peut lancer la chose et confirmer qu'elle fonctionne, idéalement en lisant l'état même de l'application. La vérification native aux agents est ce qui rend les agents au long cours dignes de confiance.

Est-il sûr de laisser Claude Code tourner en auto-acceptation ?

Oui, quand les contrôles de permission sont routés vers un modèle ou un classifieur. C'est souvent plus sûr que l'approbation manuelle, car les humains valident machinalement de longues séries de demandes alors qu'un classifieur ne signale que les appels réellement risqués.

Qu'est-ce que le minimalisme de contexte ?

Donner au modèle le system prompt et l'ensemble d'outils viables minimaux et le laisser trouver le chemin, plutôt que de tout sur-spécifier. Avec les modèles de frontière actuels, trop de contexte écarte le modèle de meilleures solutions par micromanagement.

Faut-il être ingénieur pour bien utiliser Claude Code ?

De moins en moins. Chez Anthropic, designers, PM, et même les équipes finance et data travaillent dans Claude Code. Ce qui compte le plus, c'est le goût produit, un cadrage clair du problème, et une bonne vérification, l'agent écrit le code.

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